Devenu tétraplégique, un ancien rugbyman va traverser le golfe de Saint-Tropez à la nage
« J’ai pris tout le monde par surprise »
Un pari qu’il s’est lancé début 2018 à la fin de la promotion de son livre Tony Moggio, talonneur brisé (éditions Privat) où il racontait son accident et son combat pour la vie.Quand j’ai annoncé ma volonté de faire cette traversée, j’ai pris tout le monde par surprise, ma famille, les médecins.Le golfe de Saint-Tropez, lieu régulier des vacances en famille, est tout trouvé pour ce défi. L’ancien rugbyman toulousain s’impose alors un entraînement colossal. « Je travaille l’endurance en piscine 1 à 2 h par semaine. J’ai nagé plus de 130 kmdepuis le début de mon entraînement ! Je fais également du renforcement musculaire », poursuit Tony Moggio.
Un moral de battant
Malgré le handicap, « 49 % de souffle en moins depuis mon accident », Tony a un moral de battant, et une motivation à toute épreuve qu’il inculque aux autres au cours de ses multiples conférences partout en France. Mais aussi et surtout à lui-même. Avec ce challenge, Tony Moggio pourrait marcher sur les traces de Philippe Croizon, cet ancien ouvrier amputé des quatre membres qui avait traversé la Manche à la nage en 2010.Nager de la sorte pour une personne tétraplégique, ce sera inédit mais des gens comme Philippe Croizon m’ont inspiré.Tony a déjà réussi haut la main la plus grande épreuve : faire de son handicap une force. « Je suis passé près de la mort. Ce n’est pas parce que l’on est porteur d’un handicap que l’on est forcément moins performant. J’ai montré qu’il était possible, médicalement, de faire plein de choses ».
Redorer l’image des grands blessés du rugby
Après ce défi tropézien, Tony Moggio prévoit de sortir un deuxième livre, fin 2019, sur la prévention des accidents avec des témoignages de chirurgiens, de grands blessés parmi les joueurs… Un engagement salutaire à l’heure où le rugby connaît une recrudescence d’accidents graves, voire de décès sur les terrains, à l’instar des drames qui ont coûté la vie aux jeunes espoirs d’Aurillac Louis Fajfrowski et de Paris Nicolas Chauvin en 2018.Je veux redorer un peu l’image des grands blessés du rugby et ne pas porter un message négatif. Les parents ne doivent pas retirer leurs enfants du rugby.
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